Marchés sous Surveillance : Décisions des Banques Centrales et Écho des Tensions Géopolitiques
Aujourd'hui, les marchés financiers sont tiraillés entre les annonces des banques centrales et l'ombre persistante des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Des décisions de taux d'intérêt aux déclarations sur l'inflation, chaque mot des institutions monétaires est scruté, tandis que la situation en Iran continue de créer de l'incertitude.
Des Banques Centrales aux Positions Nuancées
La journée a été riche en annonces de banques centrales, avec des implications variées pour les différentes devises et marchés :
- La Banque d'Angleterre (BoE) a vu trois de ses décideurs voter pour une baisse de taux de 0,25 point, à 4%. Ils ont justifié ce vote par un assouplissement notable du marché du travail, une demande des consommateurs modérée et des accords salariaux proches de niveaux durables. Le marché s'attend à de nouvelles baisses de 50 points de base cette année. La BoE reste également vigilante face aux développements au Moyen-Orient et aux prix de l'énergie.
- La Banque Nationale Suisse (BNS) a surpris en réduisant son taux directeur à 0% (contre 0,25% précédemment). Le président de la BNS a déclaré que la raison de cette baisse était la diminution de l'inflation. Ils prévoient une inflation à 0,2% en 2025, 0,5% en 2026 et 0,7% en 2027. La BNS est également prête à intervenir sur le marché des changes si nécessaire.
- La Banque Centrale Européenne (BCE), par la voix de ses membres, a indiqué que sa mission de stabilité des prix était "plus ou moins accomplie", et qu'une "désescalade" était nécessaire au Moyen-Orient. Cependant, certains membres s'inquiètent d'une croissance faible en Europe, parlant même de "stagnation" en Allemagne.
- La Réserve Fédérale américaine (Fed) a maintenu ses taux, mais a noté que l'incertitude quant aux perspectives économiques avait diminué, bien qu'elle reste élevée. Les prévisions de la Fed montrent une croissance du PIB plus lente, un chômage légèrement plus élevé et une inflation un peu plus forte que prévu en mars. Le président Powell a souligné que les effets des tarifs douaniers sur l'inflation pourraient être plus persistants.
Persistance des Tensions Géopolitiques au Moyen-Orient
La situation entre Israël et l'Iran continue de dominer l'actualité et d'influencer la perception du risque :
- Des responsables militaires israéliens ont confirmé avoir frappé des sites nucléaires iraniens à Natanz, Ispahan et Arak. Malgré une rectification concernant Bushehr, ces frappes ciblent des infrastructures nucléaires sensibles.
- L'Iran a réaffirmé avoir de nombreuses options pour répondre à l'agression, y compris la fermeture du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le pétrole mondial. L'Iran a également mis en garde contre une implication militaire directe des États-Unis, affirmant qu'elle réagirait "sans retenue".
- La Russie a appelé Israël à cesser immédiatement les attaques aériennes sur la centrale nucléaire de Bushehr, où des experts russes travaillent. Moscou a également mis en garde les États-Unis contre une intervention militaire, la qualifiant de "terrible spirale d'escalade".
- Des rapports ont également fait état de discussions en cours pour une éventuelle rencontre entre Trump et l'Iran, bien que les tensions restent vives.
Chiffres Économiques Clés et Leurs Implications
Au-delà de la géopolitique, plusieurs données économiques importantes ont été publiées :
- Le taux de chômage en Australie est resté stable à 4,1%. En revanche, l'emploi a diminué de 2 500 postes, bien en dessous des prévisions.
- La production de construction de la Zone Euro a augmenté de 1,7% en glissement mensuel, un chiffre positif après une révision à la baisse du mois précédent.
- La balance commerciale suisse a affiché un surplus de 3 831 millions CHF, en baisse par rapport au mois précédent.
- Les inventaires de pétrole brut aux États-Unis ont fortement diminué de 11,473 millions de barils, signalant une forte demande ou une réduction de l'offre.
Ces données confirment un environnement économique complexe, où les banques centrales cherchent à maîtriser l'inflation tout en évitant de freiner une croissance déjà fragile. La volatilité reste le maître mot, dictée par l'incertitude et la prudence des acteurs du marché.