Les marchés financiers ont connu une journée animée ce jeudi, principalement guidée par la publication de données économiques clés aux États-Unis qui ont conduit les opérateurs à revoir leurs attentes concernant la politique monétaire de la Réserve Fédérale. Le point central a été la publication de l'indice des prix à la production (IPP) américain, qui a renforcé le scénario d'un ralentissement de l'inflation.

La Fed en ligne de mire

Avec une progression mensuelle de seulement 0,1%, inférieure aux 0,3% attendus, l'IPP a surpris. En parallèle, les inscriptions hebdomadaires au chômage, légèrement supérieures aux prévisions, ont ajouté à ce tableau nuancé. En conséquence, les traders ont significativement augmenté leurs paris sur une intervention de la Fed, évaluant désormais à 80% la probabilité d'une première baisse de taux en septembre et intégrant pleinement deux baisses d'ici la fin de l'année. Cette perspective a exercé une pression à la baisse sur le dollar, qui a touché un plus bas depuis 2022, et a soutenu les marchés actions.

Annonces d'entreprises et contexte géopolitique

Du côté des entreprises, plusieurs annonces notables ont soutenu la tendance. Le fabricant de puces Micron a confirmé un plan d'investissement majeur de 200 milliards de dollars aux États-Unis. Dans le secteur technologique, AWS continue de développer son offre d'intelligence artificielle et Oracle a présenté des résultats trimestriels solides, témoignant de la bonne santé de certains segments de l'économie.

Le contexte géopolitique et commercial reste cependant un facteur de vigilance. Si des déclarations se veulent positives sur l'accord commercial avec la Chine, les tensions au Moyen-Orient demeurent. Dans ce contexte, des analystes ont projeté que le prix du baril de pétrole pourrait atteindre 130 dollars dans un scénario de crise aiguë avec l'Iran, soulignant le potentiel de volatilité sur le marché de l'énergie.

Une vision globale

En Europe, les signaux sont également partagés. La Banque Centrale Européenne semble satisfaite de sa position, bien que le souci se déplace de l'inflation vers le ralentissement de la croissance. Ce sentiment est renforcé par des données décevantes au Royaume-Uni, où le PIB mensuel a reculé. Les investisseurs naviguent donc dans un environnement complexe, pesant les facteurs de soutien comme un possible assouplissement de la Fed contre les incertitudes liées au commerce et à la géopolitique.